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LE VIET NAM PEUT ATTEINDRE 100% D'ENERGIES RENOUVELABLES EN 2050

 

                                                  Grenoble 2 juin 2017
Nguyen Khac Nhan
 
A.   Révolution énergétique
Le monde entier, habitué à l'abondance pétrolière à bas prix, ne s'est réveillé qu'après le 1er choc pétrolier de 1973. Durant des décennies, les sociétés thermo-industrielles, mues par l'utilisation abusive et massive des énergies fossiles, carbonées, se sont engagées sur la voie d'une destruction continue, à l'échelle planétaire, de l'écosystème.
Le système énergétique mondial actuel, fondé encore sur les énergies de stock (charbon, pétrole, gaz, uranium) est en pleine transformation.
En route vers une économie verte et numérique, notre planète est en pleine révolution énergétique. On assiste à des grands bouleversements et des ruptures. Le digital et l'internet vont jouer aussi un rôle clé dans le secteur de l'énergie. Les énergies de flux (hydraulique, solaire, éolien, biomasse, énergies marines...) gratuites et disponibles partout, vont désormais dominer le marché. Ne pas oublier par exemple que l'énergie solaire peut couvrir au moins 20 fois la consommation électrique mondiale actuelle. Le solaire, comme l'éolien vont permettre à 1,5 milliard de personnes d'avoir plus rapidement le courant électrique dans leur foyer.
Exploitables en petites quantités, au niveau des foyers, des communes avec des projets citoyens locaux, les énergies de flux permettent un système décentralisé où le consommateur devient aussi producteur. Le futur énergétique doit reposer entre les mains des citoyens. Chaque région, chaque commune, chaque ville a le devoir de tout faire pour parvenir à une autonomie énergétique.
Small is beautiful! On verra de moins en moins la concentration massive des puissances, les grands aménagements, les énormes centrales électriques, les longues lignes de transport à très haute tension (En 1992, dans un rapport adressé au ministère de l’énergie du Viet Nam, j’avais protesté contre la construction de la longue ligne Nord –Sud de transport de 1500 km à 500 kV (nguyenkhacnhan.blogspot.fr)). L'énergie décentralisée prend la relève du schéma classique devenu obsolète. Une prise de conscience universelle de l'importance des énergies vertes décarbonées est fondamentale.
B.   Bilan mondial actuel des énergies renouvelables
Selon l'Agence Internationale de l'Energie (IAE), l'électricité renouvelable représente actuellement plus de 23% du mix énergétique mondial avec un parc de 1969 GW. En 2021 cette capacité sera augmentée de 825 GW, soit une croissance de 42%.
Cette percée fulgurante est le fruit de plusieurs facteurs: compétitivité grandissante des technologies avec la baisse continue des coûts, facilité d'accès au financement, volonté politique ciblée. Les énergies renouvelables (EnR) ont dépassé, en termes d'investissement net dans les capacités électriques, les combustibles fossiles pour la 6e année consécutive.
La révolution économique des EnR qui a commencé il y a quelques années est bien engagée. La chute spectaculaire des coûts de production des EnR provient des effets de volumes industriels (économies d'échelle) et des ruptures technologiques (innovation – recherche).
Les progrès scientifiques et techniques rapides et continus dans les procédés de stockage de l'énergie renforcent la montée en puissance et le rôle crucial des EnR dans la stratégie énergétique de la plupart des pays du monde. La volonté croissante des communes et territoires de s'investir dans des infrastructures énergétiques de taille humaine pour valoriser les ressources locales se manifeste partout. Les consommateurs (devenus producteurs), de plus en plus actifs, souhaitent s'autoalimenter en EnR.
Désormais notre façon de produire et de consommer de l'énergie est complètement transformée.
Avec cette prise de conscience universelle en matière d'énergie et de protection de l'environnement, le monde, en pleine rupture avec le passé, doit changer de modèle de développement pour une croissance verte.
Tout nouveau projet demande une acceptabilité sociétale. La nécessité de s'adapter à la rapidité des mutations encourage les entreprises industrielles, les grandes écoles et universités à innover et investir dans la recherche.
Les investissements dans les énergies vertes en 2015 de l'ensemble des pays de la planète ont atteint 329 milliards de dollars US. La Chine qui concentre 30% de ces investissements est le 1er marché mondial.
En 2016, sur l'ensemble de la planète, selon l'IRENA (Agence Internationale pour les Energies Renouvelables) les EnR, toutes filières confondues, représentait 9,8 millions d'emplois, dont voici la répartition: solaire photovoltaïque (3,1 millions), biocarburants (1,7), grands barrages hydroélectriques (1,5), éolien (1,1). La Chine, avec 44% du total mondial, occupe la première place, principalement avec le solaire photovoltaïque, l'Union européenne (14% du total), le Brésil (10,5%) et les Etats-Unis (9,3%).
D'ici 2030, le chiffre de 24 millions d'emplois sera atteint. Les EnR continueront à être un vrai moteur économique du monde.
Aujourd'hui, le coût du kWh éolien terrestre et du solaire photovoltaïque est déjà compétitif par rapport à celui des centrales au charbon, pétrole, gaz et même des centrales nucléaires.
Les innovations et les progrès remarquables des technologies, en particulier du stockage de l'électricité, accentués par l'intervention du numérique, facilitent l'adoption de ce nouveau modèle économique. Nous aurons, avec les EnR couplées à des batteries et des micro-réseaux, des infrastructures très décentralisées et digitalisées.
B1. Les différentes filières des énergies renouvelables
1- Hydroélectricité
La Chine, le Brésil, l'Inde, le Canada, la Colombie, la Turquie, le Viet Nam, la Malaisie, le Laos ont construit de nouveaux aménagements hydroélectriques ces dernières années totalisant une augmentation de 28 GW en 2015. Ce qui porte à 1064 GW la puissance hydroélectrique installée dans le monde.
Avec un nouvel équipement total de 16 GW, la Chine reste de loin la championne du monde. Les STEP (Stations de Transfert d'Energie par Pompage) couplées avec des installations solaires et éoliennes se développent un peu partout.
2- Biomasse
Avec la baisse des prix du pétrole, ce secteur a rencontré des difficultés. La progression de la biomasse dans l'habitat et l'industrie est lente. Par contre la bioénergie s'est développée à un rythme annuel plus soutenu ( 8% ), en particulier en Chine, en Grande Bretagne, en Allemagne et au Japon.
Les Etats-Unis et le Brésil ont fortement contribué à l'augmentation de 4% de l'éthanol sur le plan mondial. Le biodiésel a subi un ralentissement en raison des contraintes imposées par les marchés asiatiques.
3- Eolien
La puissance totale installée dans le monde s'est élevée à 433 GW dont 63 GW en 2015. C'est un record remarquable obtenu grâce à la première place détenue par la Chine. L 'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine continuent à accélérer le mouvement. En 2015, l'éolien en Allemagne représente plus de 60% de la demande électrique dans 4 Lander, le Danemark (42%) et l'Uruguay (15,5%). Les difficultés rencontrées proviennent surtout de l'insuffisance des réseaux électriques
4- Solaire photovoltaïque
La puissance totale solaire photovoltaïque installée dans le monde a atteint 227 GW dont 50 GW en 2015. En 10 ans, cette puissance est multipliée par 10 grâce aux investissements massifs de l'ensemble des pays de la planète, en particulier de la Chine, des Etats-Unis et du Japon. C'est grâce aux systèmes photovoltaïques hors -réseaux que la Chine parvient à un taux d'électrification de 100% depuis 2012.
5- Solaire thermodynamique
Les nouvelles centrales thermodynamiques allient les concentrations cylindro-paraboliques et les tours solaires. Depuis plus d'un an, beaucoup de centrales sont en cours de construction : Maroc (350 MW), Afrique du Sud (200 MW), Israël (121 MW), Chili (110 MW), Arabie Saoudite (100 MW). Les intégrations des systèmes de stockage thermique et des technologies de refroidissement par voie sèche se sont multipliées.
6- Solaire thermique
En 2015, sur le plan mondial, l'augmentation des capteurs solaires vitrés et non vitrés est de 6%. La Chine, avec la fourniture de 77% des capacités de chauffe-eaux solaires, occupe la première place, devant le Brésil, la Turquie, l'Inde et les Etats-Unis. Fin 2015, la capacité cumulée des capteurs à ruissellement représente 435 GW th., correspondant à une énergie de chauffage de 357 TWh.
B2. Les énergies renouvelables en France
La France, en raison du poids du nucléaire (75 % de la production électrique) et malgré ses efforts, est en retard dans les énergies renouvelables qui ne représentent aujourd'hui que 14% de la consommation finale.
Elle est actuellement au 16e rang dans le classement européen, loin derrière la Suède (52,1%), la Lettonie (37,1%) et la Finlande (36,8%). L'Italie et la Grèce sont en meilleure position qu'elle.
Les deux filières éolienne (10.300 MW) et solaire (6191 MW) sont en légère progression.
L'éolien off-shore programmé, pour la fin de la décennie, dans les 6 parcs, face aux côtes normandes, bretonnes et vendéennes fournira 3000 MW, soit 50% seulement du potentiel annoncé.
Quant aux autres énergies marines (hydroliennes, éoliennes flottantes) on en est au stade de fermes pilotes et d'appel à projet.
En 2015, l'électricité renouvelable avec une puissance totale installée de 43524 MW (dont 25421 MW hydraulique) représente 18,7% de la consommation électrique française.
La loi sur la transition énergétique promulguée en août 2015 prévoit une montée en régime des énergies vertes: 32% de la consommation totale d'énergie et 40% de la production d'électricité en 2030.
B3. Les énergies renouvelables au Viet Nam
Au Viet Nam, dès 1962, dans notre revue MVA de l’Ecole Supérieure d’Electricité (nguyenkhacnhan.blogspot.fr) j’avais déjà attiré l’attention des autorités responsables sur l’importance à accorder au développement des énergies vertes. C’est seulement vers 2004, que le gouvernement a encouragé l’utilisation des énergies renouvelables dans les îles et les régions rurales et montagneuses.
Juste à la veille de l'ouverture de la COP 21, les autorités vietnamiennes ont publié, le 25 novembre 2015, un texte de loi très important, précisant la stratégie du développement des énergies renouvelables jusqu'en 2030, avec projection vers l'horizon 2050. Tous les thèmes, objectifs chiffrés et obligations pour les ministères, administrations, services centraux, universités, grandes écoles … ont été clairement définis.
On peut citer : l'évaluation du potentiel des énergies renouvelables, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le changement climatique, la réduction de l'importation des combustibles fossiles, la protection de l'environnement, le développement durable, la gestion des déchets, l'insertion des énergies renouvelables dans les réseaux électriques, les smart grids, les subventions, les traitements de faveur, la compensation, les aides au financement, les taxes et impôts, le marché des énergies vertes, la politique de tarification, la fabrication du matériel, la normalisation, l'industrialisation, la création de la caisse pour le développement des énergies durables, les aides et contributions privées, la recherche, l'enseignement et la formation du personnel technique, la coopération internationale.
Voici les objectifs chiffrés: augmentation de la production des énergies renouvelables de 25 Mtep en 2015 à 37 Mtep en 2020, à 62 Mtep en 2030, à 138 Mtep en 2050. Le pourcentage des énergies renouvelables par rapport à la consommation totale de l'énergie primaire va passer à 32,3% en 2030 et à 44% en 2050.
La production d'électricité à partir des énergies renouvelables va augmenter de 58 TWh en 2015 à 101 TWh en 2020, à 186 TWh en 2030, à 452 TWh en 2050.
Le pourcentage des énergies renouvelables par rapport à la production électrique totale va passer de 35% en 2015 à 38% en 2020, à 43% en 2050.
La production des équipements et du matériel du secteur des énergies renouvelables doit augmenter de 30% en 2020 à 60% en 2030. En 2050, les besoins du pays devront être satisfaits et une partie du matériel produit pourra être exportée.
Comme en France, l'énergie hydraulique au Viet Nam est aujourd'hui la plus importante ressource électrique renouvelable.
 
C.   Nouvelle stratégie énergétique
Cette stratégie dépend essentiellement de 3 piliers : Sobriété, Efficacité, Renouvelables.
C1. Sobriété
Elle consiste à supprimer les gaspillages à tous les niveaux de l'organisation de notre société et dans nos comportements individuels. La sobriété n'est ni l'austérité ni le rationnement. Elle répond à l'impératif de fonder notre avenir sur des besoins énergétiques moins boulimiques, mieux maîtrisés, plus équitables.
C2. Efficacité
Elle consiste à réduire le plus possible les pertes par rapport à la ressource utilisée. Le potentiel d'amélioration de l'industrie, de l'habitat, du transport et des équipements est en effet considérable. Il est possible de réduire, selon les pays, d'un facteur 2 à 3 des consommations d'énergie et de matières premières, à l'aide de techniques déjà largement éprouvées.
C3. Energies Renouvelables
Les actions de sobriété et d'efficacité réduisent les besoins d'énergie à la source. Le solde doit être fourni uniquement à partir d'énergies renouvelables, issues de notre seule ressource naturelle et inépuisable: le soleil. Bien réparties, décentralisées, ayant un faible impact sur notre environnement, les énergies renouvelables (solaire, hydraulique, éolien, biomasse...) permettent d'équilibrer et satisfaire durablement nos besoins en énergie.
D.   Résolution de l'intermittence des renouvelables
L'introduction des énergies renouvelables dans le système électrique rend la gestion des réseaux électriques de plus en plus complexe, en raison de leur caractère intermittent. Pour résoudre ce phénomène, les ingénieurs ont recours à différentes technologies de stockage dont voici les principales :
D1. STEP (Station de Transfert d'Energie par Pompage)
Cette technologie déjà ancienne, très robuste, permet de stocker de grande quantité d'énergie électrique par l'intermédiaire de l'énergie potentielle de l'eau.
Une centrale hydroélectrique réversible (pompage ou turbinage) est utilisée pour transférer l'eau entre deux bassins situés à des altitudes différentes. Lorsque le réseau fournit un surplus d'électricité (heures creuses) l'eau du bassin inférieur est pompée dans le bassin supérieur. Cette eau sera utilisée dans le sens inverse pour produire de l'électricité.
D2. Batteries
Les solutions de stockage d'énergie par batterie sont conçues pour faciliter la transition vers de nouveaux moyens de production et de distribution de l'électricité.
On trouve sur le marché des batteries qui assurent un stockage fiable et efficace de l’énergie, tant pour les systèmes hors-réseau que les systèmes connectés au réseau, de la production jusqu’au consommateur en passant par le transport, la répartition et la distribution. Même dans des conditions extrêmes, les technologies Ni-Cd, Ni-MH et Li-ion par exemple offrent des performances élevées, une longue durée de vie et une maintenance réduite, voire nulle. Dans le cadre du projet Pegase, un système de stockage par batteries sodium-soufre a été testé à la Réunion. Tout en soutenant la fréquence du réseau, cette technologie permet de corriger les baisses de production des parcs solaires photovoltaïques et éoliens. Elle est combinée avec Météo France pour anticiper les variations de production en intégrant les prévisions météorologiques. Les batteries sont très utilisées mais coûtent chers et ont une durée de vie réduite (5 ans).
D3. Hydrogène
L'hydrogène, un gaz 3 fois plus énergétique que le pétrole est un vecteur d'énergie très intéressant. On obtient l’hydrogène grâce à la conversion de l'électricité par électrolyse puis sa restitution au moyen d'une PAC (pile à combustible) ou d'une turbine à gaz.
Le fonctionnement des PAC repose sur le principe inverse de l'électrolyse. L'oxydation de l'hydrogène produit de l'électricité de l'eau et de la chaleur. Il y a un problème de sécurité car l'hydrogène est un gaz très léger et explosif. La solution la plus utilisée aujourd'hui est le mode de stockage à l'état gazeux sous 200 bars. Des réservoirs hyperbars (700) ont été développés. Le stockage cryogénique à l'état liquide à 20 kelvin augmente la densité volumique mais n'est pas intéressant au point de vue rentabilité. Le stockage à l'état solide de l'hydrogène est possible car les hydrures métalliques formés ont une densité volumique supérieure à celle de l'hydrogène liquide. Cette solution présente un encombrement réduit avec plus de sécurité.
D4. CAES
Le CAES (Compressed Air Energy Storage) permet de stocker les énergies renouvelables via des cavernes souterraines. De l'air comprimé est stocké dans ces réservoirs pressurisés, puis détendu lorsque l'énergie doit être récupérée. La capacité de ce système peut atteindre des centaines de mégawatts.
Deux sites sont opérationnels depuis plus de 30 ans dans le monde, celui d'Huntorf en Allemagne (290 MW) et de McIntosh aux Etats-Unis (110 MW). En France beaucoup de recherches portent sur cette technique.
E.    Gestion des réseaux électriques
A tout instant la production électrique doit être égale à la consommation car l'électricité ne se stocke pas. La fréquence du réseau augmente si la production est supérieure à la consommation et inversement. Normalement la fréquence doit se situer entre 50 Hz avec plus ou moins 1% (soit + ou – 0, 5 Hz). La limite autorisée est plus ou moins 1 Hz. On utilise les réserves primaires, secondaires ou tertiaires pour le réglage de la fréquence. C'est l'inertie des masses tournantes (80% turboalternateurs des centrales et 20% moteurs industriels), ayant une action autorégulatrice, qui jouent un rôle crucial pour l'équilibre instantané fréquence- puissance.
Concernant les variations de tension, les marges sont plus importantes (en haute tension plus ou moins 5 % et en basse tension plus ou moins 10%).
Pour le raccordement au réseau, la production photovoltaïque et éolienne passe par des onduleurs pilotables et ce couplage n'est pas synchrone.
En raison du mode de couplage des éoliennes qui ont, certes, une inertie importante, les énergies renouvelables ne permettent pas de bénéficier les effets d'inertie comme le cas des productions classiques.
Dans le cas des réseaux locaux de territoires, étant donné le faible foisonnement, il y a risque de surdimensionnement des moyens de production. Le stockage local doit être envisagé. Avec l'autoconsommation, le foisonnement étant négligeable, il faut un stockage intersaisonnier car la production est faible en hiver (cas du photovoltaïque), alors que la consommation est forte et vice versa en été.
    Rôle des Smart grids
L'électricité ne se stockant pas, du moins en grande quantité, les smart grids permettent d'optimiser l'ensemble des maillons de la chaîne du système électrique, englobant tous les producteurs et consommateurs. Ils améliorent le rendement des centrales tout en réduisant les pertes en lignes, favorisent l'insertion des sources d'énergies renouvelables en distribuant le courant au meilleur coût possible. Ils permettent d'autre part, le renforcement de la sécurité, des capacités de pointe.
Grâce aux technologies de l'information et de la communication, les réseaux communicants permettent d'assurer l'équilibre production-consommation à chaque instant, avec une réactivité plus les économies d'énergie, l'amélioration de l'efficacité énergétique, la réduction importante.
Le marché global des smart grids est estimé aujourd’hui à 30 milliards d’euros.
F.    100% d'Energies Renouvelables en 2050
F1. Monde : Etude de Stanford
Selon une étude de l'Université de Stanford, consacrée à 139 pays de la planète, publiée en 2016, le scénario 100% d’énergies renouvelables en 2050 est tout à fait réaliste.
L'étude porte sur la transformation des infrastructures énergétiques tous usages actuels (électricité, transports, chauffage, climatisation, industrie, agriculture, forêts, pêche) en des systèmes alimentés par le solaire, l'éolien et l'hydraulique. Les ingénieurs ont comparé la consommation énergétique de toute la chaîne d’approvisionnement des énergies fossiles et des énergies renouvelables. Pour les énergies de stock, l’extraction, le transport et la transformation du charbon, du pétrole, du gaz et de l’uranium en chaleur, en électricité et en carburant nécessite une très forte consommation énergétique.
L’étude a évalué les potentiels des énergies renouvelables, les emplois créés, les gains en matière de pollution de l’air sur la santé des habitants et les bénéfices retirés de l’exploitation d’une énergie produite localement sur le territoire national.
La France est capable d’atteindre 100% d’énergies renouvelables en 2050, avec un mix énergétique qui serait composé de 55% d’éolien terrestre et offshore et d’un peu plus de 35% de solaire photovoltaïque et thermique, de 6% d’hydroélectricité et d’un complément d' énergie marine. Avec un tel mix, la consommation totale d’énergie serait inférieure de 36% à celle d’aujourd’hui. 700 000 emplois seront créés d'ici 2050. Le pays économisera 200 milliards d’euros en frais de santé provoqués par la pollution de l’air avec chaque année, environ 20 000 décès évités. En France le nucléaire est le véritable frein au développement des énergies vertes.
F2. France : Etude de l’ADEME
Selon l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), la France possède un potentiel de production renouvelable considérable, estimé à 1268 TWh.
Dans le mix électrique optimal 100% renouvelable, la production serait composée de 63% d’éolien, 17% de solaire, 13% d’hydrauliqueet 7% de thermique renouvelable (incluant la géothermie), pour une capacité totale installée de 196 GW. Cette performance résulte de la réduction importante de la consommation engendrée par la sobriété (chasse au gaspillage) et l’efficacité énergétique dans l'habitat et les équipements.
Concernant le stockage, les procédés technologiques changent en fonction des échelles de temps : court-terme (batterie), intra-hebdomadaire (STEP) et long terme, inter-saisonnier, par les filières power to gas (méthanisation) et gas to power.
Le coût annuel total, estimé à 50 milliards d’euros, se répartit comme suit : 65% pour les énergies renouvelables, 8% pour le stockage, 23% pour les réseaux de répartition et de distribution, et 4% pour le réseau de transport THT de 400 kV.
L’étude ADEME donne un coût (hors taxe) de l’électricité renouvelable en 2050 compris entre 100 et 120€/MWh., pas plus cher que le coût de l’électricité nucléaire de 3e génération type EPR qui est déjà de 100 à 120€/MWh minimum ou du nucléaire ancien rénové (133€/ MWh).
Concernant les coûts d’exploitation, ils sont largement compétitifs par rapport à ceux du parc de production actuel dominé par les réacteurs nucléaires PWR.
F3. France : Etude de Négawatt (Scénario 2017-2050) 
D'après l'étude de NégaWatt (Scénario 2017-2050) publiée en début de 2017, la France peut atteindre les 100% d'énergies renouvelables en 2050. Il s'agit ici d'énergies finales et non d'électricité comme dans l'étude de l'ADEME. Créée en 2002, l'association Négawatt qui rassemble 350 professionnels de l'énergie, apporte son expertise dans les travaux concernant l'avenir énergétique. Sa philosophie repose essentiellement sur 3 pôles: sobriété, efficacité et renouvelable.
La sobriété (suppression du gaspillage) ne veut pas dire le rationnement ou l'austérité. L'efficacité entraînerait une réduction importante (facteur de 2 à 5) de la consommation d'énergie et de matières premières. Ces 2 premiers pôles diminuent considérablement les besoins énergétiques. Le solde sera fourni par les énergies renouvelables.
Selon NégaWatt, dans l'ensemble des pays de l'OCDE, la demande d'énergie suit une tendance à la baisse depuis quelques années. Il s'agit d'un phénomène structurel et non conjoncturel. En France la consommation d'énergie finale en 2050, grâce aux actions de sobriété et d'efficacité, serait réduite de 50% et l'énergie primaire de 63%. Il est donc possible de satisfaire l'ensemble des besoins énergétiques français par les ressources renouvelables vers le milieu du 21e siècle, en suivant cet ordre de priorité : la biomasse solide, l'éolien, le photovoltaïque, le biogaz ...La France pourra ainsi devenir neutre en carbone (zéro émissions nettes) en 2050. NégaWatt a proposé un immense chantier énergétique à tous les citoyens français, tous les acteurs et tous les responsables des administrations. Le temps presse. La France peut gagner ce pari si elle a le courage et la sagesse de renoncer au nucléaire comme l'Allemagne et d'autres pays.
G.    Le Viet Nam peut atteindre 100% d'Energies Renouvelables en 2050
(Il s’agit ici de l’énergie finale et non de l’électricité uniquement)
Propositions sommaires de l’auteur:
G1. Sobriété énergétique (Economie d'énergie)
Au Viet Nam, le gisement d'économie estimé avoisine 25% à 30% de la consommation énergétique nationale.
Changement d'habitude. Sens de responsabilité citoyenne.
Vaincre les résistances. Economie d'énergie partout (administration, foyers domestiques, commerces, industries, transports, bâtiments...).
Nouveau modèle: abandon des logiques de productivité, des rigidités du modèle actuel, société du consommer mieux, plus apaisée, intelligence individuelle et collective, aménagement du territoire, véhicules partagés, transport en commun, transport propre, performance dans la construction des bâtiments, priorité aux équipements et produits locaux (éviter les longues distances), chasse au gaspillage à tous les niveaux de la société. Les kWh non consommés sont les meilleurs.
 
G2. Efficacité énergétique
Au Viet Nam le gisement de l'efficacité énergétique estimé avoisine 20% de la consommation énergétique du pays.
Amélioration de l'efficacité énergétique dans tous les secteurs industriels, économiques, administratifs. Ce qui améliore la sécurité d'approvisionnement énergétique et la santé publique, tout en réduisant la précarité énergétique. Recherche du meilleur rendement dans les appareils et machines. Réduction massive des pertes. Important potentiel d'amélioration dans les équipements, le transport, les bâtiments. Les pertes joule dans les réseaux de transport et de distribution électriques restent encore importantes.
Le coefficient d'élasticité du Viet Nam (taux de croissance de la consommation d’électricité /taux de croissance du PIB) encore très élevé (voisin de 1,5 en 2015), doit être réduit (inférieur à 1).
Adoption des programmes d'étiquetage, des nouvelles normes, et des lois incitatives en vue d'encourager les mesures d'efficacité énergétique sur tout le territoire. Définition des politiques, des objectifs et des investissements pour l'amélioration de l'efficacité énergétique.
(Fin 2015, il y avait 146 pays de la planète qui ont adopté une politique de l'efficacité énergétique et les investissements dans ce domaine dépassent 150 milliards de dollars US. Les banques nationales et mondiales se sont engagées à augmenter les financements dédiés à l'efficacité énergétique).
G3. Energies renouvelables (EnR)
Urgence: Etudes approfondies du potentiel renouvelable du pays.
Investissements massifs dans les EnR suivant un programme pluriannuel et une feuille de route bien définis (par ordre de priorité) :
Biomasse
Solaire photovoltaique
Solaire thermique
Eolien terrestre et offshore
Solaire thermodynamique
Géothermie
Energies marines (attention au risque extrême du Viet Nam face au changement climatique)
Avant la réalisation des multiples projets il faut procéder à des études technico-économiques très sérieuses. La sélection des projets et le choix des investissements doivent faire intervenir un taux d'actualisation à préciser.
Le modèle énergétique actuel est dépassé. C'est urgent et impératif de changer notre comportement: consommer mieux au lieu de produire plus. Privilégier les modèles de la demande au lieu des modèles d'offre, comme par le passé.
Les investissements massifs dans les EnR, pour un développement durable, répondent à plusieurs objectifs à long terme: sécurité d'approvisionnement énergétique du pays, réduction importante des émissions des gaz à effet de serre, de la pollution atmosphérique, du taux de chômage, protection de la santé de la population. Paix et solidarité régionale, nationale et internationale.
Ces investissements n'ont pas pour but de remplacer l'électricité nucléaire (dont le programme est heureusement abandonné depuis novembre 2016). En effet, le nucléaire ne représenterait que 10% dans le bilan électrique en 2030. La sobriété ou l'efficacité énergétique pourrait remplacer largement la production des 14 réacteurs programmés.
Avec une contribution d'environ 15% à 20% de l'hydroélectricité dans le mix énergétique et compte tenu de la réduction importante de la consommation grâce à la sobriété (- 25% à - 30%) et l'efficacité (- 20%) on voit que l'objectif de 100% renouvelable au Viet Nam en 2050 est tout à fait réaliste.
Je propose solennellement au Gouvernement de mobiliser toutes les ressources et potentiels de la nation afin de parvenir à l’objectif défini ci – dessus. Il suffirait de multiplier par 2 environ l’objectif (EnR/ Energies primaires = 44%) annoncé par le gouvernement le 25/11/2015.
G4. Conditions du succès
Mise en chantier des trains de mesures:
La réussite dépend essentiellement de la volonté politique du Gouvernement.
Création du Ministère des Energies Renouvelables.
Ramener le taux d’accroissement de la consommation annuelle d’électricité à moins de 5%.
Mobilisation générale.
Education et pédagogie (dès le primaire) dans les écoles, lycées et universités.
Partner

GTZ Wind Energy

Hunger Hydraulik

WCRE * World Council for Renewable Energy

GREENBIZ 2011

Deutsch-Asiatischen Wirtschaftskreis e.V.

GREENBIZ 2009

VNCOLD

CIGB ICOLD Hanoi 2010

Water Resources University

BINH THUAN Province
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